Le secret de 10 ans d’amour

Vous l'avez peut-être vu sur Instagram, mais le 15 août dernier on a fêté nos 10 ans avec Benjamin. 10 ans c'est long, c'est beau, ça rassure et effraie un peu, ça vieilli, mais surtout ça nous fait des tonnes de souvenirs et de belles promesses pour l'avenir.

 

Mais comment fait-on pour vivre 10 ans avec une personne sans jamais s'engueuler, en l'aimant toujours et en étant épanoui ?

Tout cela s'est construit naturellement, sans que je ne me pose de questions. Et pourtant... Je dois bien avoir un secret, une recette magique à vous partager !

Réfléchissons et listons les points essentiels pour que tout cela fonctionne...

L'écoute et la communication

Nous ne nous sommes JAMAIS engueulés. Jamais de cris. Tout au plus un ton boudeur pour signaler notre agacement.

Deux fois il m'est arrivé de dépasser les bornes et de le froisser. Deux fois seulement en 10 ans, et depuis je me suis remise en question. Mais nous y reviendrons.

Au plus loin que je me souvienne nous avons toujours su écouter l'autre, écouter pleinement, jusqu'au bout, avec empathie, avec bienveillance et respect. Quand l'un de nous exprime un besoin ou une envie on pèse toujours le pour et le contre. "Je veux ça mais lui/elle ça lui coûte quoi ?" Quand l'autre reçoit cette demande, il l'accueille avec bienveillance. "Moi ça me saoule, j'ai la flemme et ça m'arrange pas. Mais est-ce important pour lui/elle ?" Nous sommes toujours prêt à mettre un peu d'eau dans notre vin car nous savons que l'autre est prêt à le faire aussi et que nous pouvons compter l'un sur l'autre.

Bien sûr il y a parfois des moments où la balance penche plus d'un côté ou de l'autre, où je suis plus capricieuse (j'aime être capricieuse 😋), où la fatigue met nos nerfs en pelote, mais rien de méchant et surtout, rien qui devienne systématique.
Et puis il est quand même ultra gentil. Il me dit souvent "oui" hi hi ! Et on se remet facilement en question, on sait reconnaître quand on a tort (surtout lui) .

Cette fameuse journée donc, où les choses ont dérapées... C'était l'époque où je passais les concours d'orthophonie (oui, je rêvais d'être orthophoniste !), j'étais chez lui, épuisée, stressée. Il a voulu m'aider à sa manière, soulager un peu mon quotidien en me proposant de me ramener un jus d'orange. Le poids des révisions me semblaient tellement insurmontable que je voyais nullement en quoi il pouvait m'aider, ce qu'un jus d'orange pouvait m'apporter. Que pouvait-il comprendre à mon épuisement ? D'ailleurs qui pouvait m'aider ?? (Oui la prépa ortho ça met vraiment à cran) J'ai refusé son jus d'orange et lui ai dit "non mais tu comprends rien!" .

J'avais dit ça comme ça, sans faire attention à mes mots, sans comprendre qu'il se sentait désemparé et cherchait juste à être gentil. Mes mots + le ton employé, c'était comme si je lui avais jeté son jus au visage. Mais je n'ai rien capté. Parfois on ne fait même plus attention à ce que l'on dit.

Le soir je suis rentré chez moi. Jusqu'au lendemain il est resté froid, distant. Sur le coup je n'ai rien compris. Alors je lui ai gentiment tiré les vers du nez puis on s'est expliqués. J'ai alors réalisé ce qui s'était passé pour lui. Il m'a dit "je ne suis pas ton ennemi, je suis de ton côté" et il avait raison. Je lui ai demandé pardon en disant qu'effectivement ce n'était pas contre lui que j'étais en colère et que j'étais reconnaissante pour ses gentilles attentions.

Le point que j'ai noté pour moi : ne pas défouler ma colère, ma rancune ou ma tristesse sur les autres. C'est du bon sens dit comme ça. Mais on a vite fait de dépasser les limites quand on est à vif, que l'on ne prend pas le temps de se recentrer sur soi et d'écouter nos propres paroles.

Prendre le temps de se connaître

Je ne suis pas du genre à me précipiter. Au début d'une relation je suis un peu farouche. Il me faut du temps pour comprendre que je tombe amoureuse. Je ressens plein de chose : je veux revoir la personne à peine je l'ai quittée. Ses lèvres, son odeur me mettent des papillons dans le ventre. Mais de là à me dire que je suis amoureuse... Il faut que le chemin se fasse jusqu'à mon cerveau, petit à petit.

J'aime le début d'une relation, quand on prend le temps de savourer l'autre, de le découvrir, de s'attacher. Le petit "je t'aime" on ne le scande pas tout de suite. On le laisse grandir dans notre poitrine, on le nourri de l'autre et de ce "nous" qui germe. Et un jour, comme si le moment était venu, on le laisse éclore. Benjamin a mis 4 mois avant de me dire ce mot magique. Pourtant je n'ai pas su lui répondre tout de suite. Ça va vous paraitre bizarre, mais même après 4 mois c'était un mot trop fort pour moi. Il était dans mon cœur, il se débattait pour sortir, mais je ne sais pas pourquoi, je n'y arrivais pas.

On ne s'est pas cramponné l'un à l'autre jusqu'à en étouffer. Déjà par soucis pratique : on vivait à 1h30 de train l'un de l'autre. Lui dans le 78 et moi dans le 93 (oui l'île de France c'est grand !). Impossible de se voir la semaine. Nous n'avions que le week-end. J'en souffrais mais nous n'avions pas le choix.

Sans parler de cette distance imposée, on ne s'est jamais obligés à tout faire ensemble. Ce n'est pas notre truc. Je suis assez indépendante. J'aime mes amis, j'aime les voir de mon côté, j'aime pouvoir organiser mes trucs, même ces 5 dernières années où l'on vit ensemble.

Vous le savez j'ai une chaine YouTube, mon blog, mes tambouilles. C'est très important pour moi de prendre du temps pour toutes ces activités. Benjamin adore les jeux vidéos. Et bien parfait : moi dans le bureau ou la cuisine à faire mes trucs, lui dans le salon devant son PC.

A côté de ça on passe beaucoup de temps ensemble, on se balade dans notre campagne, on va au ciné, on va voir nos amis communs... Pas de soucis là dessus.

Épauler l'autre

Ce que j'apprécie vraiment dans mon couple c'est qu'on peut compter l'un sur l'autre. Comme je vous l'ai dit j'ai tenté les concours d'orthophonie. Je n'avais plus de vie ! Ayant raté ces fameux concours j'ai repris mes études il y a 2ans pour intégrer L'EBD. Bref, je n'avais pas vraiment le temps de m'occuper de la maison. En temps normal on essaye de se partager les tâches mais là je n'y arrivais plus. Il m'a naturellement proposé de s'occuper de quasiment tout. Même le week-end où j'en faisais quand même un petit peu il me disait "laisse va réviser je m'en occupe".

Je ne compte plus le nombre de fois où je rentrais tard du sport (j'ai fait du body fitness et de la samba ^^) et où il m'avait préparé un bon petit plat. Huuuum !!! 🙂

Aujourd'hui c'est lui qui reprend ses études en alternance et je suis très fière de lui. Alors cette année on va inverser les rôles : je vais plus en faire que lui ! Chacun son tour. 😊


S'épanouir sexuellement

Cette partie est un peu délicate. Le sexe est tabou et pourtant je ne vois pas pourquoi. Ça fait partie de la vie, non ?

Déjà a-t-on envie de sexe ? Si oui au bout de combien de temps ? A quelle fréquence ? Là non plus on n'a pas forcément envie de la même chose.

Ce qui est primordial pour moi est de pouvoir en parler au sein du couple. Parler de ses fantasmes sans avoir peur d'être jugé mais surtout sans se sentie obligé de réaliser ceux de l'autre. S'autoriser à tester des choses qu'on aurait pas oser faire car on a confiance en l'autre et qu'on sait qu'à tout moment on peut dire non et faire machine arrière. Tester et parfois aimer et se découvrir...

Accepter l'autre pleinement sans se voiler la face. Oui, on peut se masturber en étant en couple, même quand on est épanoui sexuellement. Et oui c'est normal de fantasmer sur un(e) acteur/actrice, oui ça arrive de regarder une fille ou un garçon passer dans la rue et que ça nous fasse quelque chose. Oui c'est possible de regarder du porno seul si on en a envie... Les histoires de jalousie débiles je ne supporte pas. Tout ça est naturel du moment que le couple reste LA priorité et que chacun respecte les règles établies.

Surmonter les crises

N'allez pas penser que notre couple est parfait. Il y a plein de choses qui m'énervent chez lui et il y en a sans doute plein qui l'agacent chez moi. Et puis on ne s'accorde par toujours sur tout. Si on partage les mêmes valeurs et qu'on a énormément de points en commun, il y a des détails où j'aimerais qu'il soit différent, où j'aimerais parfois le changer. Mais il est comme ça, et au fond si je l'aime c'est parce qu'il est la somme de ses qualités et de ses défauts 😊

On n'a jamais affronté de grosses crises. Pas encore. Mais s'aimer c'est aussi accepter que tout n'est pas toujours rose, que l'on aura des passages à vide, que ce n'est pas un conte de fées.

Au tout début de notre relation (vraiment les premiers mois) J'ai fait une grosse dépression.  Avec le recul je ne sais même pas comment il a fait pour attendre patiemment que je guérisse. Il a été très gentil, attentif, il essayait de m'aider à sa manière.

Un deuil, un événement quelconque, un conflit avec un proche, un problème de santé... Tellement de choses  peuvent nous affecter, nous ou notre conjoint. L'amour c'est ça aussi.

Réaliser que l'on n'évolue pas en même temps

Il ne faut pas oublier que l'on évolue tout au long de notre vie, que l'on passe par plusieurs phases et que notre conjoint n'évolue pas forcément dans la même direction que nous et/ou à la même vitesse. Parfois la différence devient tellement grande que le couple casse. Si ça arrive je me dis qu'il ne faut pas culpabiliser et ne pas regretter d'avoir voulu suivre son instinct. On ne peut pas aller à l'encontre de nous même. Sinon on se perd.

Il m'est arrivé d'avoir de gros moments de doute sur mon couple, je me suis sentie piégée à certains moments. Surtout il y a 2 ans. A ce moment-là j'étais comme une pile électrique : je voulais bouger, sortir, rencontrer des gens, découvrir de nouvelles choses. Lui a toujours été casanier et je le savais très bien. Mais là je n'en pouvais plus. Même si j'adore faire des trucs de mon côté j'avais soudain envie que l'on partage plus, que l'on découvre plein de nouvelles choses ensemble. Depuis je me suis un peu calmée. Mais c'est assez déroutant quand on ne ressent pas les mêmes besoins que son conjoint.

Hormis ce petit passage, cela fait plusieurs années que je ne me sens pas évoluer au même rythme que lui. Il y a 5 ans nous avons décidé d'emménager ensemble. Au tout début il s'est mis en tête d'acheter un terrain au fin fond de la campagne du Val d'Oise (le lieu-dit s'appelle Cul Froid 😅) pour y faire construire une maison. Chouette programme me diriez-vous. Oui mais... Je commençais ma vie d'adulte, étais encore étudiante, n'avais pas le permis  (je l'ai toujours pas snif), mais surtout comme dit plus haut : j'avais soif de découverte tout comme maintenant.

Vous voyez le problème ? Lui voulait "s'installer" alors que moi je voulais tout découvrir et profiter de l'adolescence que je n'avais pas eue. Heureusement il a abandonné cette idée pour un chouette appart dans les Yvelines, proche de la nature. Quel bonheur après 8 ans dans le 93 ! Mais passé 3 ans j'avais de nouveau envie d'aller ailleurs. On y est toujours à l'heure où j'écris ces lignes et dès le début je savais que je n'allais pas y faire ma vie. Mon rêve depuis 13 ans c'est de retourner vivre à Montpellier, mais même avant ça je veux pouvoir bouger. Pas tourner en rond dans un village paumé. Bref... Vous l'aurez compris je n'étais vraiment pas prête à faire construire ma maison avec les chambres de nos futurs enfants sur les plans.

Depuis 5 ans je vois bien qu'il a du mal à me suivre. Si je ne gesticulais pas sans cesse autour de lui, jamais il n'aurait eu l'idée d'aller vivre à Montpellier. Mais à force d'en parler pendant 10 ans l'idée lui plaît bien. Mieux encore : cette année il reprend ses études après 10 ans de boulot en école maternelle. Et vous savez quoi ? Sans en avoir parlé je sens que lui aussi est dans une phase d'évolution. Il se cherche et ça se voit qu'il en a marre de tourner en rond à Meulan en Yvelines. Petit à petit lui aussi veut du nouveau, voyager et profiter de la vie. Et c'est un grand bol d'air frais pour moi.

Tout ce récit pour quoi ? Pour dire que même si ça fait 5 ans que je rêve de tout plaquer pour me barrer vivre ailleurs j'ai pris sur moi. On a beaucoup discuté, retourné la situation dans tous les sens, tenté de faire des compromis sans se précipiter. Et s'il m'avait dit "non" catégoriquement pour quitter l'île de France que je déteste tant ? On aurait fait quoi ?? 😮

Chaque couple est différent

Maintenant que vous avez lu tout ça, il ne vous reste plus qu'à tout oublier. On ne recherche pas tous la même chose dans un couple. On n'a pas tous les mêmes besoins.

Mon récit reste très personnel, même si des valeurs phares sont indétrônables : le respect, la communication, l'écoute ...

A vous de trouver le/la partenaire qui vous convient et de construire votre propre équation du bonheur.

Cet article étant bien trop long (sérieux vous me lisez encore ??) je vais m'arrêter là. Et vous, c'est quoi votre recette secrète pour un couple qui dur ?

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